Le jardin du Moulin
Le jardin du Moulin
 

                                       A toi ma Couze.

D'où viens-tu Couze aux flots parfois impétueux ?

Qui le sait ? Souvent, je suis le cours sinueux

De tes berges qui tracent, là, au soleil couchant,

De vals en plaines, une coulée tel vif-argent.
 

Du haut de ces peux couverts de bruyères mauves,

Naturel refuge des lapins au poil fauve

Qui attendent impatiemment la vaste nuit

Pour quérir pitance, attentifs au moindre bruit.
 

De mon mirador, je découvre d'est en ouest

Ta vallée Mais que vois-je ? Vision funeste,

Un monde de feu et d'acier, allant et venant,

Fourmilière gigantesque qui coupe ton courant,

Le détournant vers d'autres cieux. Fuyez manants

Ailleurs implanter ce lac des moines d'antan !

Aidez-moi, crions leur à ces géants,

Bougez, vous qui de ces lieux êtes les séants.
 

Où donc, demain, votre soif irez épancher ?

Sans belle Couze, ne pourrez plus vous mirer !
Et vous, gentes truites, poissons magnifiques,

Prenez garde à leurs promesses mirifiques !
 

Et, aussi beau puisse-t-il être, cet étang,

Tous leurs mots ne sont que par trop mirobolants.

Et notre amie polluée... nous laisseront choir.

Nous n'y pouvons plus rien, mon coeur souffre ce soir !

 

                                                                                               S. Frontier 1969

 

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